Quel gouvernement expropriera les banques ?

extrait d’informations ouvrières n°126 du 2 décembre 2010

Par Marc Gauquelin

A qui profite « l’aide » européenne de 86 milliards d’euros accordée au gouvernement irlandais, et au nom de laquelle le peuple de ce pays doit payer le terrible tribut qui vient d’être annoncé ?

L’éditorialiste des Echos (23 novembre) répond à la question : « Le plan d’aide à l’Irlande est en fait, il faut le dire, un plan de soutien aux banques britanniques et allemandes : les premières ont un encours global de 222 milliards de dollars sur ce pays, les secondes de 206 milliards. Ne pas aider l’Irlande, c’eut été faire courir un risque majeur aux banques de deux des plus grandes économies européennes. Autrement dit, c’eut été exposer le système bancaire en général à un effet domino de type Lehman Brothers. » Cela a le mérite de la clarté.

Qui peut honnêtement imaginer pouvoir mettre, réellement et durablement, les travailleurs et les peuples à l’abri de l’immense vague de destructions qui déferle sur le monde — symptôme de la crise de tout le système fondé sur la propriété privée des moyens de production — sans exproprier les banques ?

Mais qui expropriera ? Quels gouvernements auront l’audace de le faire et de déclarer caduques les traités européens pour coordonner au niveau de toute l’Europe la reconstruction totale de l’économie ?
Quel gouvernement, en France ?
Un gouvernement porté au pouvoir par le jeu de l’alternance dans le respect des institutions de la Ve République et constitué de partisans d’une illusoire « taxation du capital », allant jusqu’à vouloir confier à la BCE (à l’image de la Réserve fédérale américaine) la mission de « racheter tout ou partie des dettes par la création monétaire » (1) ?

Un gouvernement revendiquant une très équivoque « nationalisation des banques », à l’image de ce qu’ont déjà fait Gordon Brown en Grande-Bretagne et le gouvernement irlandais, afin de faire payer aux peuples les pertes des établissements financiers ?
Ou bien un gouvernement porté au pouvoir par un mouvement de la classe ouvrière rassemblée autour de ses organisations de classe, dans le prolongement du mouvement esquissé en septembre-octobre, avant d’être contré par Thibault-Chérèque ?
Un gouvernement porté par un formidable mouvement qui écartera le mensonge de tous les discours sur des « réformes justes », sur « l’intérêt général », pour enfin dresser une véritable plate-forme de défense des intérêts fondamentaux des travailleurs, au premier rang de laquelle l’exigence de l’abrogation de la loi sur les retraites.

Une plate-forme de combat politique pour l’unité pour l’abrogation de toutes les contre-réformes, rejetant toute « concertation nationale sur la protection sociale », exigeant l’abrogation de la loi antisyndicale dite de la « représentativité » d’août 2008 et exigeant des capitalistes l’interdiction des licenciements.

Faire le premier pas dans cette direction, saisir le premier maillon de la chaîne pour ouvrir une telle issue politique, c’est assurer la réussite de la conférence nationale de délégués pour l’unité ouvrière du 11 décembre, à Paris. Son objectif : élaborer avec ces milliers de cadres ouvriers qui ont combattu dans leurs organisations syndicales pour l’unité pour le retrait de la réforme des retraites les formes les plus adaptées de l’organisation politique indispensable à la poursuite et à l’élargissement du combat contre le « consensus » prôné par François Fillon à l’adresse des dirigeants ouvriers. ?

(1) L’Humanité (27 novembre).

Catégories: Arguments du POI, Chroniques d'IO, Tribunes libres d'Informations Ouvrières, z*** Reprise de l'ancien site (janvier 2012)

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