Intervention du courant socialiste au 3ème congrès

Laissez nous tout d’abord faire part à tous les congressistes du salut fraternel de tous les membres du courant socialiste.

Tous ensemble, nous n’abandonnons pas le combat pour le socialisme, bien au contraire.

Notre courant a adopté une adresse aux militants et sympathisants socialistes sur laquelle je reviendrai, mais avant cela, nous souhaitons souligner que nous partageons l’analyse de la situation telle qu’elle a été présentée dans son rapport par Daniel Gluckstein au début de ce congrès.

Le parti qui se dit “socialiste” a adopté hier son projet pour 2012 intitulé “le changement”- un projet qui ne recueille pas à noter qu’une crise profonde secoue le PS puisque peu d’adhérents se sont déplacés pour voter, et à titre d’exemple, à Paris, seul un adhérent sur trois s’est déplacé. Deux mots sur le contenu de ce projet, le premier sur les retraites, le deuxième sur la dette.

Sur les retraites, ce projet annonce p30 “Nous rétablirons l’âge de départ à 60 ans (qui permettra à ceux qui ont commencé tôt ou exercé des métiers pénibles de pouvoir partir au même âge)” Ce projet ne dit pas du tout qu’il remet en cause le passage à 42 annuités de cotisation, et il ajoute plus loin, pour lever le doute: “Si le relèvement de l’âge légal du départ en retraite est injuste, la durée de cotisation peut évoluer dès lors que la question de l’emploi des seniors et la prise en compte de la pénibilité font l’objet de mesures effectives.” Donc non seulement, sans surprise, le projet avalise l’augmentation de la durée de cotisation, mais il annonce de fait la remise en cause du régime par répartition et des régimes spéciaux: “Notre système de retraite sera universel (droits collectifs) et personnalisé« . Cela nécessite une explication: un “système universel”, cela signifie un seul régime de retraite, c’est la fin du code des pensions civiles et militaires, c’est la fin des régimes spéciaux, c’est poursuivre ce que Nicolas Sarkozy a commencé et n’a pas pu mener à son terme face à la mobilisation de la classe ouvrière. Une seul régime de retraite, c’est forcément réduire les droits des travailleurs.

Le projet ajoute un point important sur le financement des retraites: “les revenus du capital et des banques contribueront à l’effort de solidarité” le PS poursuit la destruction du système de retraite basé sur les cotisations vers un système basé sur l’impôt, c’est la remise en cause du système paritaire de gestion et c’est un pas de plus dans le sens de la destruction de la cotisation ouvrière.

Deuxième point: que dit le projet socialiste sur la dette?

La troisième partie du deuxième chapitre s’intitule “Des efforts justes pour donner des moyens d’action et redresser les comptes publics”, le premier sous-titre est “une stratégie de gauche pour réduire les déficits”.

La priorité du PS n’est pas de sauver la classe ouvrière face aux attaques qui se multiplient sous le prétexte de remboursement de la dette, l’objectif du PS, c’est la croissance.

L’austérité sans la croissance, c’est le choix des libéraux en France et en Europe, qui risque de nous entraîner dans une spirale de régression généralisée” Donc s’il y a croissance, l’austérité est acceptable! Ils sont d’accord sur une chose: il faut faire payer les travailleurs: “ les français le savent, des efforts seront demandés pour rétablir la situation [pour qui?] ils constatent au quotidien la hausse des taxes et de leurs charges, ils ne sont pas dupes des promesses de ne pas augmenter les impôts.” Cette double négation ne masque pas la réalité: dans les faits, les élus dits socialistes augmentent les impôts dans les communes, les départements, les communautés de communes… Tous les travailleurs voient les impôts locaux augmenter, et ce sont les élus du PS et du PC qui prennent ces décisions! Le projet ajoute “Les efforts ne seront acceptés et ne porteront leur fruits que s’ils sont équitablement répartis et qu’ils préparent réellement l’avenir”. Deux remarques sur cette phrase: d’une part la volonté du PS que ce soit de fait accepté par la population, et d’autre part l’idée qu’il faut empêcher la résistance qui se développe comme en Grèce, en Espagne et au Portugal.

Enfin sur la réforme de la constitution lancée par le gouvernement, le projet PS est relativement contradictoire: il parle de “sanctuariser les dépenses d’investissement public qui assureront la croissance future” et indique vouloir inscrire dans la constitution que “la moitié des recettes supplémentaires sera affectée au désendettement” en critiquant le projet du gouvernement contre lequel ils se sont positionnés. “Ces règles seront plus efficientes à inscrire dans la constitution que la “clause anti-déficit” bricolée par l’actuel gouvernement, recordman des déficits, pour faire oublier son échec et empêcher toute politique alternative. En France comme ne Europe, la lutte contre les déficits est indispensable, mais elle est affaire de volonté politique et non d’obligation constitutionnelle.” Le PS entend inscrire dans la constitution le remboursement de la dette en revendiquant que leur proposition serait moins “bricolée”, et développe ensuite sur deux pages comment redéfinir les services publics qui seraient obsolètes et comment associer les agents, les fonctionnaires à la recherche des économies possibles pour s’inscrire totalement dans la logique de réduction des déficits publics.

Après la lecture de ce texte, mes camarades du courant et moi même avons une chose à dire: Nous sommes tous fiers d’appartenir au POI, nous sommes fier de continuer à nous battre avec vous pour l’idéal socialiste.

Pour aider dans le combat pour le développement du POI, je rappelle que la brochure de notre camarade George Hoffman “l’actualité de Jean Jaurès” est encore disponible à la Selio et nous proposons à tous les comités locaux de se saisir de notre appel qui s’adresse à tous les militants et sympathisants socialistes qui signent l’appel du POI contre la réforme constitutionnelle. Ils sont nombreux au PS à ne pas accepter les reculs et à vouloir continuer à défendre la classe ouvrière. Nous devons les inviter à mener la bataille ensemble, à venir dans ces comités de résistance politique et organiser avec nous les 40 000 signataires de l’appel.Cette adresse ne vise pas à se substituer aux textes du POI, mais à donner un élément de plus sur l’unité de notre parti, avec toutes ses composantes. Il s’adresse particulièrement aux militants et adhérents socialistes avec qui nous avons développé des contacts particuliers, et aux élus avec qui nous évoquons la réforme territoriale. Ils ont nombreux au PS ou proches du PS à ne pas accepter de se soumettre à la dictature de la dette, à nous d’aller les voir et leur proposer de s’organiser avec nous, le cadre des comités d’unité correspond à ce besoin.

Que vive la démocratie, que vive le socialisme et vive le Parti Ouvrier Indépendant.

le 29 mai 2011

Catégories: Courants du POI, Les courants du Parti Ouvrier Indépendant, Qui sommes nous?, z*** Reprise de l'ancien site (janvier 2012)

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