L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES n°176

Des gouvernements de techniciens ?

Commençons par la Grèce, avec la constitution, sous la houlette de M.Papademos, ex-vice-président de la Banque centrale européenne, d’un gouvernement d’union nationale : Pasok (socialiste), Nouvelle démocratie (droite conservatrice) et Laos (extrême droite). Une première qui voit un Parti socialiste gouverner de concert avec l’extrême droite.Cette décision politique constitue un acte grave, qui n’aura guère ému les bonnes consciences de l’Hexagone, réduites à un silence embarrassé… « Européanisme » oblige !

Mais le peuple grec n’a pas la mémoire aussi sélective. Le 17 novembre, alors que M. Papademos obtenait du Parlement un confortable vote de confiance pour un nouveau plan d’austérité, des milliers de manifestants défilaient dans les rues d’Athènes.

« La junte ne s’est pas terminée en 1973, soulèvement contre le gouvernement UE-FMI », pouvait-on lire sur l’une des banderoles du cortège.Et pour cette manifestante, étudiante à l’école polytechnique : « Le gouvernement actuel n’est pas issu des électeurs.Qu’est-ce que c’est, sinon une junte ? » (AFP, 17 novembre).
C’est un fait irréfutable que le gouvernement Papademos n’est pas issu de la volonté du peuple grec. Il a même été constitué contre, pour mettre en place une série de mesures drastiques, qu’aucun parti politique se réclamant de la démocratie ne serait en mesure d’appliquer sans se discréditer. « La junte gouvernementale »,même si elle ne présente pas un caractère militaire,n’en est pas moins illégitime, antidémocratique et coercitive. L’Union européenne ne s’embarrasse guère de précautions : « Les créanciers du pays qui ont perdu patience (…) exigent de chaque parti politique membre de la coalition gouvernementale qu’il s’engage par écrit à respecter le programme d’austérité » (AFP 17 novembre).

Une pitoyable démonstration du caractère inquiétant des procédés employés à l’encontre du peuple grec pour satisfaire aux exigences des marchés financiers.Une victoire du dogme de « la concurrence libre et non faussée » qui a grandement contribué à la destruction des acquis sociaux, politiques et démocratiques conquis par les peuples des nations européennes.

Aussi n’est-ce pas un hasard si le nouveau gouvernement italien est conduit par Mario Monti qui fut,de 1994 à 2004,un rigoureux commissaire européen après avoir exercé ses talents à la banque Goldman Sachs.
Autre présence symbolique, si l’on se réfère au Monde.fr, « celle d’Andréa Riccardi, fondateur à la fin des années 1960 de la communauté San Egidio, institution influente de l’Eglise sur le plan diplomatique », qui devient, ça tombe bien,ministre de la Coopération internationale. En Italie, pareil pedigree ne peut guère nuire, bien au contraire. Un peu de morale bien pensante, teintée d’une bonne dose d’austérité, voilà qui devrait « rassurer les marchés ».

Une situation qui, en Grèce comme en Italie, illustre les décalages grandissants entre gouvernants et gouvernés. En démocratie, le peuple est détenteur de la souveraineté,mais à en juger par ce qui se déroule sous nos yeux, la qualité première d’un gouvernement résiderait, surtout,dans sa capacité à imposer aux populations des potions de plus en plus amères.

Ce qui est en cause, c’est bien le respect de la souveraineté populaire, donc de la démocratie.

Il est urgent que le peuple reprenne en main son propre destin et fasse entendre sa voix, face au diktat de la « troïka »Union européenne, BCE, FMI qui impose l’inexorable loi d’airain du capitalisme.Une situation qui n’a pas échappé aux militants (tes) du POI, qui prennent des initiatives pour construire

Claude Jenet

Secrétaire national du POI

Catégories: Arguments du POI, EDITORIAL, Editos d'IO, z*** Reprise de l'ancien site (janvier 2012)

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