Une première : le candidat-président arrive derrière un de ses concurrents

Hollande Sarkozy

Le premier tour de l’élection présidentielle s’est conclu par une nette première position pour François Hollande (PS), avec 28,8% des suffrages exprimés, selon une estimation de la société IPSOS communiquée aujourd’hui un peu avant 22 heures. Il est suivi de Nicolas Sarkozy (UMP), le président sortant, dont le score est estimé à 26,1%. Jamais un président-candidat, depuis 1965, n’était arrivé derrière un de ses concurrents.

Suivent Marine Le Pen, 18,5%, Jean-Luc Mélenchon, 11,7% et François Bayrou, 8,8%. Loin derrière, Eva Joly arrive avec 2,3% des suffrages, Nicolas Dupont-Aignan 1,8%, Philippe Poutou 1,2%, Nathalie Arthaud 0,6% et Jacques Cheminade 0,2%.

François Hollande a déclaré que « le premier tour représente une sanction du quinquennat qui s’achève et un désaveu du candidat sortant dont le discours tout au long de ces derniers mois a fait le jeu de l’extrême droite ». Il s’est jugé comme « le mieux placé pour devenir le prochain président ».

Nicolas Sarkozy a proposé que trois débats soient organisés entre les deux candidats arrivés en tête, d’ici le 6 mai, ce que François Hollande a refusé pour en exiger un seul.

Marine Le Pen a notamment déclaré que ce premier tour était « le commencement d’un vaste rassemblement des patriotes de droite comme de gauche », « des amoureux de la France et des défenseurs de son identité ».

Jean-Luc Mélenchon a appelé à battre Nicolas Sarkozy le 6 mai, un appel implicite à voter pour François Hollande.

Vers 22 heures, la SOFRES estimait l’abstention à 19,0%.

[Déclaration des secrétaires nationaux du POI, le dimanche 22 avril à 22h]
C’est un immense rejet qui s’est manifesté ce 22 avril lors de ce premier tour de l’élection présidentielle où près de 80 % des électeurs inscrits ont refusé d’apporter leur voix au président Sarkozy (fait sans précédent aggravant la crise des institutions de la Ve République). Rejet de ce gouvernement, de sa politique, de ses pratiques et de ses « affaires ». Un rejet qui vient de loin et qui approfondit ce qui s’est exprimé lors de la victoire du vote « non au traité constitutionnel »,le 29 mai 2005. Un rejet de toutes les politiques imposées depuis vingt ans en application du traité de Maastricht par les gouvernements de toutes couleurs politiques.

Ce 22 avril, l’immense majorité de la population – ouvriers, paysans, employés, jeunes, chômeurs – a dit : nous n’en pouvons plus de la misère et du chômage, nous ne voulons pas qu‘on puisse continuer à imposer à ce pays des mesures qui conduisent tout droit au sort que la troïka veut imposer à la Grèce.

Une volonté majoritaire s’est affirmée, par le vote, comme par l’abstention : « Nous voulons chasser Sarkozy, mais aussi sa politique », exprimant ce qui était déjà contenu dans les mille et une grèves et autres actions de classe qui n’ont cessé de se développer jusqu’à la veille de l’élection. Il s’agit d’un avertissement, relié aux mouvements qui se développent aujourd’hui avec force de la Grèce à l’Espagne, dans toute l’Europe.

Une exigence s’exprime : il y a urgence à inverser le cours des choses, à en finir avec la dictature de la troïka FMI-Union européenne-Banque centrale européenne qui veut imposer les politiques de privatisation, de misère et de chômage. En finir avec cette dictature et ses directives qui interdisent d’interdire les licenciements, renflouent les banques à coups de milliers de milliards et disloquent les droits et garanties des travailleurs et de la jeunesse !

Il y a urgence à décréter nuls et non avenus les plans dictés par des institutions supranationales et à rétablir la souveraineté des peuples sur les décisions qui les engagent. Cela s’appelle la démocratie.

Arrivé en tête de ce premier tour, François Hollande affirme son intention de « renégocier » le traité TSCG, signé le 2 mars à Bruxelles par Sarkozy et Merkel.

Mais il est un fait que tout le monde doit connaître : ce traité TSCG, comme tout traité européen, une fois signé par vingt-cinq chefs d’Etat et de gouvernement, ne peut faire l’objet d’aucun amendement, d’aucune renégociation. D’autres documents peuvent être adoptés, annexés. Mais ce traité par lui-même est intouchable : l’obligation d’inscrire l’austérité permanente dans la loi (« règle d’or »), de couper 80 milliards d’euros de dépenses publiques dès 2013 (en premier lieu dans les budgets de la Sécurité sociale et des collectivités territoriales), le système de sanction automatique, l’envoi d’émissaires européens chargés de dicter l’exécution des plans meurtriers dans notre pays, etc., rien de cela ne peut être modifié ou renégocié.

Au lendemain du second tour de l’élection présidentielle, que décidera le président élu sur cette question cruciale ?

L’immense majorité de la population a parlé : elle aspire à se rassembler dans l’unité la plus large pour faire reculer l’offensive du capital financier, l’offensive des fonds financiers et des spéculateurs de toutes sortes qui prétendent dicter leurs exigences à tous les peuples d’Europe. Elle ne veut pas de « Super-Maastricht ».

La démocratie exige qu’il soit répondu à cette volonté majoritaire, que le président élu renonce à engager le processus de ratification : et, alors, le traité ne sera pas ratifié et il ne s’appliquera pas à la France et, de ce fait, il sera difficile de l’imposer aux autres peuples d’Europe.

Cette exigence s’adresse à toutes les forces qui se réclament de la classe ouvrière et de la démocratie. Elle s’adresse, ce 22 avril, en premier, à celui qui a été placé en tête au premier tour de cette élection, à François Hollande. Qu’il réponde clairement à la question qui lui est posée et qui commande dans tous les domaines la politique qui sera mise en œuvre par le nouveau gouvernement ! Le fera-t-il ?

Indiscutablement, il y a, ce 22 avril, un vaincu. Mais pour que le peuple travailleur soit vainqueur, il ne suffira pas de chasser le président sortant, il faudra que la rupture s’inscrive dans les actes. La question centrale est bien celle de la rupture avec l’Union européenne, et, comme premier pas, la non-ratification du traité. Force est de constater que ce soir du premier tour, pas un candidat n’a évoqué la question du TSCG.

Pour sa part, le Parti ouvrier indépendant a pris l’initiative d’un appel contre la ratification de ce traité. Plus de quarante mille travailleurs, jeunes, militants de toutes tendances, l’ont déjà signé. Dans tout le pays, les appels communs se multiplient. Rien n’est plus urgent que de forger l’unité contre la ratification du traité « Super-Maastricht ». C’est le sens de sa proposition de préparer une manifestation nationale décidée en commun par tous ceux qui s’opposent à cette ratification.

Au soir de ce premier tour, nous lançons à nouveau cet appel : ce qui s’est exprimé ce 22 avril est un encouragement à rassembler dans l’unité travailleurs, jeunes, organisations, tous ceux qui veulent en finir avec la politique de misère, de chômage et de déchéance de l’Union européenne, comme le veulent tous les travailleurs et les peuples d’Europe, de la Grèce à l’Espagne, de l’Allemagne à Italie.

Paris, le 22 avril 2012, 22 heures

Les secrétaires nationaux du Parti ouvrier indépendant

Claude Jenet, Daniel Gluckstein, Gérard Schivardi, Jean Markun

(Le bureau national du Parti ouvrier indépendant se réunira le 28 avril pour faire le point de la situation.)

Prenez contact en participant aux réunions-débat du POI.

Voici l’agenda des prochains jours:

CONCARNEAU (29) : mardi 24 avril, 20 h 30
CLERMONT-FERRAND (63) : mardi 24 avril, 20 heures, salle Duclos, quartier Saint-Jacques (près de l’école Jean-Macé)
MOUX (11) : vendredi 27 avril
CESSIEU (38) : vendredi 27 avril
CUSY (74) : vendredi 27 avril
LYON (69) : vendredi 27 avril, 18 h 30, maison de la Guillotière (métro : ligne B ou D, station Saxe-Gambetta)

Et toujours, réservez votre date pour le Meeting international de Paris, le dimanche 3 juin à l’Espace Charenton à 14h30

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Catégories: 22 avril 2012 - présidentielles -1er tour, POLITIQUE, PRÉSIDENTIELLE

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